Retour sur une saison de Splitboard

21 mai 2019

Pierre Allaire, 27 ans, vidéaste spécialisé en événementiel et film de montagne, passionné de snowboard depuis l'enfance.
Aujourd'hui je vous écris ces quelques lignes pour partager avec vous l'expérience de ma première saison de splitboard.

Découverte de la rando, prendre du plaisir à la montée ?
Lien pour vidéo « Premiers pas en splitboard »: https://www.zapiks.fr/premiers-pas-en-splitboard.html

En toute franchise, je ne suis pas le genre de type que vous verrez partir en rando juste pour respirer l'air frais et apprécier la vue, non non. Vous ne me verrez pas non plus faire un footing ou faire des longueurs à la piscine. Evidemment que de se remuer régulièrement ça fait le plus grand bien, mais que ce soit sur ma planche ou derrière un guidon, j'ai besoin de me sentir stimulé ou je perd patience. L'endurance pour l'endurance m’ennuie.

Vous l'aurez compris ce n'est pas le goût de la performance physique qui m'a amené au splitboard. Néanmoins quand l'occasion de découvrir cette outils s'est présentée, j'y ai vu une opportunité d'élargir mon terrain de jeu en tant que snowboarder et également mon champs d'action en tant que vidéaste.

Alors me voilà en ce début de saison pauvre en neige, splitboard au pied, plein d'aprioris, mais prêt à « affronter » mes premiers 400m de dénivelé en splitboard aux abords du domaine de Praloup.
Ce qui était un petit challenge au départ s'est avéré être une excellente remise en jambe. J'ai très vite ressenti les bénéfices physiques de mes premières sorties split.
Quand la neige est enfin arrivée, j'avais retrouvé mes jambes et un semblant de caisse qui m'ont permis d'attaquer la poudre sauvagement sans me sentir limité physiquement. A ce stade, je râlais encore à la montée, mais le plaisir à la descente était décuplé !

C'est quand Mikael Garcin m'a emmené balader en haute Ubaye que j'ai pris la mesure des bénéfices du splitboard.  « Regardes, aujourd'hui on va là haut ! » me dit-il en pointant ce sommet insoupçonné.
C'est là toute la magie du freeride, la liberté absolue ! Les faces qui me font rêver depuis mon enfance ne sont plus qu'a quelques heures de montée. Nous évoluons, les spots naturels se dévoilent et m'inspirent, de nouvelles perspectives s'offrent à moi. Chose qui me paraissait inconcevable je suis stimulé à la monté!
Et voilà déjà la carotte qui arrive. L'inévitable récompense d'une descente où chaque courbe, chaque appuis, chaque saut a une saveur particulière.
Mais d'abord, on se pose. La fierté laisse place à l'analyse de la face et des conditions. Un moment hors du temps. La vue n'a d'égale que le goût de ce saucisson et de ce morceau de fromage découpé à l'opinel sur la semelle de la planche tout juste remontée.
Puis c'est le grand saut, on se lance chacun notre tour, on se décale à droite à gauche pour rider les spots repérés. « Ce coin est un peu crouté, allons chercher la fraiche sous les arbres ! ».
La board réagit bien, la descente tient toute ses promesses, l'excitation fait oublier la fatigue physique.
Arrivé en bas, je suis comme un gosse à la vue de nos traces sur les sommets. Le ratio temps de montée/ temps de descente n'est pas si mauvais, mes aprioris en reprennent une bonne claque.
Des sorties comme ça plus on en fait, plus c'est magique ! Tout est plus facile, on a l'impression de pouvoir aller n'importe où. Avec le recul je me dis qu'il a suffit de me lancer pour perdre la petite réticence que j'avais au début à l'idée de marcher des heures pour aller chercher la neige.

Aujourd'hui la saison s'achève, les domaines skiables des alentours ont fermé, et je ne rate pas une occasion de monter gratter ce qu'il reste de neige. Je me sens privilégié car ma saison de glisse n'est pas encore terminée.

Lien pour vidéo « Telemark VS Splitboard »: https://www.facebook.com/pierreallairevideaste/videos/423934615081986/

La suite arrivera plus tard ou je vous parlerai du matos utilisé.